Bonne année

Puisque c'est l'époque des voeux, j'aimerais être magicien et vous offrir une heure de plus chaque jour, pas moins n'en déplaise aux 35, la 25ème heure, celle qui devrait permettre de voir le temps passer, de savoir qu'il se confond avec l'espace et qu'il ne sert à rien de courir à le rattraper. Cette pause qui permet de voir de comprendre et d'imaginer
 

Le soleil se levait,
il allait éclairer
l’une des premières journées
de la nouvelle année,
du  siècle qui débutait.

 Dans son grand lit douillé
l’enfant se retournait,
sans encore se soucier
du temps qui s’écoulait.

Le coq au loin chantait.

J’entrouvrais les volets,
et le merle piaffait,
sur les arbres effeuillés,
presque inhabités,
un gros nuage passait
comme un épais duvet
dans les mains d’une fée.


Comme à l’accoutumé

d’autres volets s’ouvraient.
L’enfant s’était levé,
déjà il s’affairait,
et la mère se pressait,
et le père s’en allait,
et la rue s’animait,
et tous se bousculaient,
l’horloge les surveillait,
le temps était compté.

 

Et le soleil montait.

 

 

 

Et la terre tournait.  

 

 

Vrai manège  enchanté,
e
lle semble inanimée 
aux hommes  trop pressés,
mais ne s’arrête jamais.

Parfaitement huilée
elle sait bien où aller
pour qui sait regarder.
Et les hommes accrochés
aux aiguilles d’une Comté
à Greenwich  abonnée,
ces hommes prisonniers
du temps qu’ils décomptaient,
n’y pouvaient rien changer.

Le soleil  se couchait

pour ensuite se  lever
tout ça se répétait
depuis l’éternité.

Alors  j’imaginais
refermer les volets,
n’avoir plus à penser

au temps qui s’échappait,

au soleil m’accrocher,
sur le nuage voyager,
et vivre sans compter
ni jour ni année,
connaître l’éternité
comme l’enfant qui jouait.