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Le soleil se levait,
il allait éclairer
l’une des premières journées
de la nouvelle année,
du siècle qui débutait.
Dans son grand lit douillé
l’enfant se retournait,
sans encore se soucier
du temps qui s’écoulait.
Le coq au loin chantait.
J’entrouvrais les volets,
et le merle piaffait,
sur les arbres effeuillés,
presque inhabités,
un gros nuage passait
comme un épais duvet
dans les mains d’une fée.
Comme à l’accoutumé
d’autres volets s’ouvraient.
L’enfant s’était levé,
déjà il s’affairait,
et la mère se pressait,
et le père s’en allait,
et la rue s’animait,
et tous se bousculaient,
l’horloge les surveillait,
le temps était compté.
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Et le soleil montait.

Et la terre tournait.
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Vrai manège enchanté,
elle
semble inanimée
aux hommes trop pressés,
mais ne s’arrête jamais.
Parfaitement huilée
elle sait bien où aller
pour qui sait regarder.
Et les hommes accrochés
aux aiguilles d’une Comté
à Greenwich abonnée,
ces hommes prisonniers
du temps qu’ils décomptaient,
n’y pouvaient rien changer.
Le soleil se couchait
pour ensuite se lever
tout ça se répétait
depuis l’éternité.
Alors j’imaginais
refermer les volets,
n’avoir plus à penser
au temps qui s’échappait,
au soleil m’accrocher,
sur le nuage voyager,
et vivre sans compter
ni jour ni année,
connaître l’éternité
comme l’enfant qui jouait.
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